18
AOU 09

Passages attachants

Lamartine dit du « livre de la vie » que « le passage attachant ne s'y lit pas deux fois ».
Peut-être que chaque instant de notre vie peut devenir un passage attachant…

C'est une ancienne maison de pêcheur appuyée contre une bâtisse qui, elle, semble avoir moins d'histoire.
Pour la trouver, la femme de l'agence nous a donné le plan du village. Nous nous sommes d'abord égarés dans les ruelles escarpées qui descendent vers la mer.

24
JUI 09

Vacances

Dans quelques heures, je quitte ma maison et mon jardin, l'âme libre et le cœur léger. Disponible à la vacance.
C'est la première fois, je crois.
L'âme libre des attaches d'une histoire ancienne qu'au fil des derniers mois, patiemment, j'ai pris le temps de dénouer.
Je comprends aujourd'hui combien plonger dans les abysses valait la peine !

12
JUI 09

Entre les abysses et les étoiles

Il y a des chaussures de femme sur le tapis blanc. J'imagine celle qui habite ce lieu hésiter un instant entre ces escarpins fantaisie et les chaussures à talon.
L'appartement est silencieux. Le parquet craque sous mes pas. De larges lattes, irrégulières, peintes en noir laqué. Sur un canapé un PC portable. Un paquet de Philip Morris sur la table basse. Ceux qui vivent ici étaient peut-être là l'instant d'avant.
 
21
MAI 09

La grâce d'un visage

Notre métier nous invite à écouter et aussi, quand il y a simplement le silence, à contempler. En séance et aussi ailleurs…

Son visage se reflète dans la glace devant moi. J'aime redécouvrir ses traits, la contempler. Il parait qu'il n'est pas très poli d'observer l'autre dans les glaces.
Elle a de très longs cils. Elle me fait penser aux femmes des peintures de Botticelli. Parfois ses lèvres entrouvertes dessinent un sourire. Peut-être suffit-il de quitter le besoin, ou la peur, du regard des autres sur soi pour enfin découvrir l'autre.
D'où vient la grâce d'un visage ? Elle semble plongée dans ses pensées. J'ai envie de savoir.
Elle sait que je pose des questions étranges parfois !
09
MAI 09

« Ça va être long ! »

Bruit mat du calepin qu'elle referme. Un sourire vers moi et puis ces mots : « Ça va être long ! »
Elle pose son agenda sur la table basse, à côté des crayons de couleur et des pages blanches.
C'est sa pratique toute singulière de prendre nos rendez-vous dès le début de la séance. Même chose pour le paiement.
Expérience étonnante alors, en fin de séance, que de clore avec simplement la sensation et les mots qui émergent.
Je lui tends le chèque que j'ai préparé juste avant, pour aller plus vite au contact. C'est vrai que deux semaines sans nous voir, ça va être long !

Et pourtant, la première fois, j'ai résisté. Une heure chaque semaine ce serait « trop pour moi ! » Elle avait répliqué : « Vous voulez prendre du temps pour vous et lâcher vos vieux démons. Pourtant, là encore, vous cherchez à tout maîtriser. Alors continuez de faire ce que vous savez bien faire. »
26
AVR 09

Une gourmandise

Retour d'une longue promenade dans les jardins fleuris, les ruelles et les palais de Séville, Cordou et Grenade.
Et, pour mieux savourer ce moment de vacance, j'ai aimé oublier ici mon mobile et ignorer là-bas les webcafés.

Une gourmandise. C'est le premier roman de
Muriel BARBERY, l'auteure de L'élégance du hérisson.
C'était le livre le plus léger dans mon bagage et pourtant celui qui m'a tenu le plus longtemps compagnie. Longtemps tant j'ai aimé savourer la poésie de ces pages et l'histoire de ce critique culinaire qui va mourir, mourir demain. Ce Pape de la gastronomie le sait mais il n'en a cure : aux portes de la mort, il est en quête d'une saveur qui lui trotte dans le cœur, une saveur d'enfance ou d'adolescence…

Après ce livre, les tapas, les sardines grillées ou les fraises dégustées en terrasse, au soleil, prenaient une saveur différente !


14
AVR 09

Un café gourmand

C'est un restaurant parisien qui ressemble à un palais merveilleux. J'aperçois l'opéra Garnier à travers les fenêtres. Le soleil de printemps enveloppe notre table.
En déposant les assiettes, la jeune femme nous souhaite « Bonne dégustation ».

Il me raconte sa réunion du matin avec la spécialiste de la formation : il cherchait un stage innovant pour les commerciaux. Un atelier qui susciterait des déclics en cette période de crise : « comment redécouvrir chaque client, explorer ses besoins, créer du sur mesure plutôt que vendre des produits sur catalogue ? » Mais son interlocutrice n'avait que des stages sur catalogue !