27
AOU 11

Au bord du néant

« Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face » écrivait La Rochefoucault. Et pourtant avec Melancholia, Lars von Trier nous invite à contempler l'un et l'autre, tour à tour, au cœur de la nuit, à l'aube et à l'orée de cet instant où le monde finira à jamais.


19
JUI 11

La plus que vive

« Peu de livres changent une vie. Quand ils la changent c'est pour toujours, des portes s'ouvrent que l'on ne soupçonnait pas, on entre et on ne reviendra plus en arrière. »
Ce sont des lignes de Christian Bobin à propos des livres qui, parfois, sont comme des « anges d'appoint ».
Et, tout comme ses autres livres, La plus que vive est un sésame troublant pour aller sur les chemins de soi.

 

07
JUI 11

Blue Valentine

C'est du cinéma d'auteur américain. Rare.
Et c'est le blues des amoureux,
l'énigme de l'amour et du désamour :
Quelle alchimie singulière nous porte vers l'autre, éperdument ?
Et pourquoi un jour, ou au fil des jours, l'amour s'échappe ou s'érode ?

Un drame romantique et bouleversant, beau et triste.
A voir absolument. Seul ou en couple.

02
JUI 11

Les Éternelles

« Il y a des femmes que l'on rencontre pour une seule nuit, certaines pour quelques mois, quelques années, d'autres encore que l'on côtoie une vie entière : elles ont toutes ce point commun de n'être pas oubliées. Elles reposent dans un coin de nos mémoires comme de précieux bijoux que l'on aurait portés et qui ne se seraient jamais altérés. Ce sont elles les Éternelles. »


04
JUN 11

Amour noir

C'est un livre noir. Le noir des enfances abîmées et des gouffres sans fond.
Le noir de l'amour quand il est noir.
Et du sang quand il sèche.
Noir extrême. Celui de l'origine et de la fin de toute vie aussi.
Et pourtant, entre l'absurde et les fêlures,
entre deux incendies, jaillissent les instants de lumière et de couleurs.

Un roman de Philippe DJIAN, époustouflant de la première à la dernière ligne.


29
MAI 11

En bord de ciel

Elle aime choisir et m'offrir des livres que je reçois toujours troublé, toujours touché. Touché au cœur et à l'âme.
Et ce livre-là, avec sa couverture épaisse et sa tranche rouge et toilée, ressemble à un livre pour enfants.
Il s'ouvre sur une mystérieuse dédicace :
Pour toi Endorphine, qui m'aides à me transformer en moi-même.
D'étranges dessins se glissent entre ses pages : L'infirmière au sudoku. Aux yeux de Dieu. La mélancolie de l'enfant
Et ce livre semble écrit avec l'encre des rêves, ces rêves qui nous retiennent les matins d'hiver.

01
MAR 11

Terrasse à Rome

Pour mieux revenir aux sources, pour m'alléger, ce sont maintenant les manuels pratiques et les dictionnaires, les guides techniques et les grands livres du coaching, dont j'aime me défaire un à un et à jamais. Mais, à la place, avant que l'aube ne paraisse, une inconnue continue de déposer des romans délicieux, là, dans la blanchisserie sur le chemin de l'atelier.
Les premiers mots, les premières lignes, des pages déjà cornées, me font aimer d'emblée le livre du moment.

26
FéV 11

Entre ciel et chair

J'ai entr'aperçu l'affiche, il y a quelques jours, sur la céramique du métro, au détour d'un couloir. Regard photographique alors pour retenir l'essentiel : Théâtre Le Lucernaire, du 2 février au 26 mars.
Cette pièce-là parle de l'histoire de deux amants mythiques : Héloïse et Abélard. Et le texte est tiré d'un roman de Christiane Singer : Une passion
.
Désir irrésistible de voir cette pièce. Sans attendre !
C'était vendredi, à l'orée du soir, à l'orée du week end.

20
FéV 11

La guerre amoureuse

J'aime savourer ce tout premier instant quand, à l'orée du jour, la maison dort encore et que je prends le temps de tourner, une à une, les premières pages d'un roman. En vélin, en velours.
Une page blanche d'abord. Comme pour oublier la quatrième de couverture. Puis, la page d'après, découvrir d'autres livres de l'auteur, chez Gallimard ou ailleurs : Le goût du malheur. La femme de proie. Nous ne savons pas aimer...
Encore une page pour rien, pour presque rien. Juste le titre en lettres capitales. Ce titre-là est paradoxal. La guerre amoureuse. Un oxymore.
L'amour devient une guerre, je crois, quand nous choisissons l'autre pour combler nos manques de jadis, pour guérir nos névroses.
Plus loin, une citation de Nietzche en écho à ces relations barbelées : L'amour dont la guerre est le moyen et dont la haine mortelle des sexes est la base.

Et enfin plonger dans les premières lignes :
J'allais vers un pays froid. Je m'y rendais seul et pas de gaieté de cœur. Avec même un sentiment de punition. Ce n'était pas tant de m'aventurer dans une contrée gelée qui me glaçait que l'impression déprimante de tourner résolument le dos à l'amour.

27
DéC 10

Comme une mise en désir

Denis Marquet est tout à la fois philosophe, thérapeute et écrivain. J'aime le rencontrer pour cheminer autrement sur les sentiers de l'incréé et de l'écriture. Il m'a invité à lire son dernier ouvrage qui est écrit comme un guide de sagesse. Rare, profond, « comme il est des mises en bouche, ce livre est une mise en désir ».
Un livre précieux en ces instants de recul, à l'écart du monde et du bruit.

Extraits...

 

07
DéC 10

La dame blanche

« Il n'y a pas de plus grande joie que de connaître quelqu'un qui voit le même monde que nous. C'est comme apprendre que l'on n'était pas fou. [...] Parler sans fin de ce qui se dérobe sans fin est une jouissance en regard de laquelle toutes les autres ne sont rien. Rencontrer quelqu'un, le rencontrer vraiment - et non simplement bavarder comme si personne ne devait mourir un jour -, est une chose infiniment rare. » Christian Bobin, La dame blanche, Folio, page 108

Lire un livre de Bobin c'est pour moi comme cette « chose infiniment rare ». Et ce livre-là est comme un livre d'images qui se lit doucement, infiniment doucement. Comme un enfant qui savoure le bonheur de savoir lire.

08
NOV 10

Lectures de la saison rousse

À l'encre noire : Incident de personne, Éric Pessan, Albin Michel, 2010.

Dans un TGV immobilisé en rase campagne à cause d'un suicide, un homme raconte sa vie à l'inconnue qui est assise tout à côté de lui.

Extrait : « depuis des années les gens me confient leurs histoires, massivement. Moi, je ne raconte rien. J'anime des ateliers d'écriture, voyez-vous, j'ai beau tenter d'aller vers la fiction, vers l'imagination, je moissonne des drames. Je travaille pourtant sur la forme, sur la contrainte qui permet que surgisse une phrase singulière. Je ne demande jamais aux participants de livrer des récits de vie. [...] Pourtant, donnez une feuille et un stylo à des gens, donnez du temps et un peu d'aplomb, encouragez-les, plaisantez un peu, détendez-les, racontez-leur qu'écrire n'est pas si difficile, redites-leur bien que l'on n'attend pas de la littérature d'eux mais des phrases qui leur ressemblent, et ils se mettront à vous exposer leurs fêlures, leurs drames. Des souffrances, des violences, des enfers j'en ai récolté de quoi encombrer mes rêves à tout jamais. »

 

16
SEP 10

Les coulisses de la supervision

C'est en cette rentrée que paraît "Le grand livre de la supervision" dirigé par Émilie Devienne.
Cette parution a pour moi la saveur du bonheur, de la fierté et du plaisir.
Bonheur de travailler en compagnie d'Émilie qui m'a guidé dans mes premiers écrits et qui, toujours,
m'invite à poser un pas plus loin sur le chemin de l'encre et sur les sentiers buissonniers de notre métier. J'aime signer ici un chapitre intitulé "Désirs et tabous en supervision".
Fierté de contribuer à un ouvrage collectif aux côtés d'une vingtaine de confrères dont plusieurs m'ont initié, accompagné ou inspiré : François Balta, Dominique Baumgartner, Nicolas de Beer et Thierry Chavel.
Et plaisir de commencer à découvrir les lignes de mes confrères sur des sujets inédits et passionnants, à l'écart des théories et des outils : "Nous sommes tous des marginaux sécants" Jean-Louis Sentin, "Hypervision : qui supervise les superviseurs !" Thierry Chavel.