04
JUN 15

Qu'est-ce que ça cache ?

– Peut-être que vous cherchez au contraire à m'obscurcir avec tout ça ?

Avant, je croyais qu'elle posait un point d'exclamation à la fin d'une question comme ça ; comme pour me chercher, pour m'agacer. Mais maintenant j'ai compris que c'est moi qui viens la chercher et que c'est une vieille histoire ça. C'est ça, je crois, la "névrose de transfert" : répèter une manière intime, et rigide au fond, d'être en lien. Et le divan ça me va bien pour découvrir ça, parce que je ne la vois pas, parce qu'il n'y a pas trop de parasites alors. C'est comme si je chinais en enfance.

Et elle, même si ça ne se voit pas sur le divan, elle met simplement un point d'interrogation à la fin de sa question. Et cette envie que j'ai peut-être de l'embrouiller, de l'obscurcir, elle me dit ça une fois que j'ai fini de déballer tout mon bordel, toutes mes histoires du moment et toute la confusion qui va avec, et qu'alors je lui demande :

– Vous y voyez sans doute clair, vous, dans tout ce bordel ?!

31
MAI 15

Des brins d'ADN

"Nous venons tous les deux de familles marquées par le métissage, les migrations, le chaos et le sauvage derrière les apparences soignées. Enfants barbares dès l'origine, tout ça nous a donné le goût des tangentes et du disruptif. Et on a fait notre job out quand ça ne se faisait pas. [… ]"

Ça c'est un bout de notre bio en duo avec Eva pour le 1er meetup des barbares un soir de mars à l'Archipel.

Et cette manière de décoder les brins d'ADN, de tisser des liens entre les origines et le goût d'accompagner, de créer, m'a aussi donné envie de réécrire ma bio ; à rebours des apparences soignées là aussi.

 

24
MAI 15

Je t'ouvre ma maison

Pour retourner là-bas, en ces jardins dont tu as encore peur hélas d'être chassée, tu as aimé enfiler une robe de soie et de la couleur du sang après la vie. Avec une ceinture nouée nonchalamment dans le dos. Comme une invitation à te prendre, là, par la taille.
J'ai deviné que par-dessous, pour couvrir tes fesses et ta mangue, rien. 
Parce que c'est le week end, as-tu murmuré. Comme une évidence.
Et pourtant il faisait tellement frais au dehors. J'ai hésité à glisser ma main dans le creux de tes jambes, tout doucement, et ne serait-ce qu'un instant. J'ai hésité parce que ça te chamboule alors et au dedans. Et puis, après, ça risque de se terminer en expédition sous-marine, dis-tu.

On est parti dans ton auto-tamponneuse à moteur thermique.
J'ai aimé t'envisager et puis me perdre du côté passager de ton visage. On a traversé des terres enfin inhabitées. Et tu me racontais des histoires tristes de l'enfance. Tu avais oublié de brancher la clim pour aérer.

Une fois arrivés là, au beau milieu des champs de blé et de colza, à la lisière de la forêt, tu as préparé des pâtes fraîches avec de la coriandre à fleur de pot. On a déjeuné sous les nuages, devant la mare et les premiers nénuphars.
Les grenouilles faisaient l'amour et chantaient 
Vagabond ways de Marianne Faithfull. Les deux poules ont dansé un instant autour de nous. Un peu comme dans les booms, quand la lumière hache le mouvement, as-tu remarqué.

La pluie est venue tout doucement.
Et toi, tu es partie te glisser entre les draps, dans le lit sous le toit.
Viens, je t'ouvre ma maison, as-tu murmuré.

***

20
MAI 15

Par surprise

Juste avant de m'allonger, j'observe un instant la prise électrique, là, bien intégrée dans la plinthe tout à côté du divan. Mais elle est déjà utilisée cette prise-là, je me dis. Et puis je ne sais pas trop ce qu'il y a à l'autre bout du fil. C'est sans doute sa lampe halogène, mais il fait encore jour à cette heure et elle ne devrait pas en avoir besoin. Et elle, elle s'est déjà assise, je la regarde par en dessous et elle me regarde, je crois. Elle doit se demander ce que j'attends et je finis par m'allonger.

– Mon mobile est complètement déchargé, je lui dis sans détours. Et tout à l'heure je vais retrouver Eva, près de l'Etoile. Mais j'ai peur de ne pas la retrouver. Ça m'agite, ça me stresse au fond. Et sur le chemin en venant ici, j'ai pensé vous demander de brancher mon portable le temps de la séance. Mais je ne sais pas trop si ça fait ? Ni comment vous allez prendre ça ?

– …
 

15
MAI 15

Rêves & cauchemars de coachs

Devenir gourou… Partir sur un voilier en mélangeant des dirigeants et des jeunes des banlieues… Diriger en mode manager-coach… Mon client se suicide…
C'était la septième séance de supervision à Paris 2 l'autre soir - enfin le mois dernier - et presque la fin du voyage alors.
Aussi ai-je aimé inviter chacun à se laisser aller à son fantasme le plus fou ou bien à son cauchemar le plus noir dans l'accompagnement. Selon affinités, de l'instant ou de longtemps
 
En petits groupes, en associations libres et sans censure toujours. Et puis alors commencer à mettre tout ça en acte, là, maintenant ; enfin, les rêves, pas les cauchemars. 

 

14
MAI 15

Dans les embrouilles de l'enfance

"Notre vie se passe toujours, sans que nous le sachions, sur deux scènes à la fois. L'une est réelle et consciente, l'autre est inconsciente, et les deux scènes peuvent se mêler et nous conduire à des sentiments, des angoisses et même des comportements que nous ne comprenons pas…" Claude Halmos, comme une invitation à aller voir la "deuxième scène" alors

*

11
MAI 15

Quand l'humaine nature récidive

C'était sans faux-semblants et c'était vraiment sensible, le premier atelier "Humaine nature" au mois d'avril, en groupe intime
Chacun a aimé danser avec le sauvage, l'étranger ou le guerrier en soi.
Ou bien simplement l'observer de loin ou par le détour de l'autre, pour l'instant encore.

Et c'était fructueux ainsi. 

Alors ça nous a donné l'envie de récidiver à Eva & moi. 

08
MAI 15

L'élan barbare et créatif

"Chacun de nous vient au monde avec le désir d'exister, un désir brut, une vitalité un peu folle, une énergie singulière et une violence créatrice aussi ! Mais au fil de notre histoire, tout ça se censure ou se refoule, s'étiole et puis s'épuise alors. Et c'est ça qui est destructeur au fond !
Et notre art singulier, en open source, c'est l'accompagnement au naturel : pour faire alliance avec notre humaine nature, nos pulsions sexuelles et agressives, sources vives de création et de disruption ; en tribus et en communautés professionnelles."

Ça c'est un morceau du pitch préparé avec Eva pour la 1ère rencontre entre barbares, le 31 mars dernier à l'Archipel, haut lieu d'innovation collaborative. 

Mais une fois sur scène et puis dans notre alcôve de barbacteurs Divan 2.0, c'était une toute autre histoire !
Et pourtant, Eva & moi on n'était pas inquiet au fond : on savait bien que tout allait rentrer dans le désordre !

En partage ici la vidéo de ce moment inoubliable porté par l'élan barbare, vivant et disruptif.

Réalisation : Alexandra Ha Duong - Textes : Antoine Brachet

 

03
MAI 15

Rencontre avec Gabriel Venancio

Une école de commerce et puis très vite la responsabilité des offres et du marketing pour des marques réputées : Mars, Granini, Flunch… Manager d'équipes, responsable de business unit et puis membre du comité de direction… le parcours de Gabriel Venancio semblait tracé d'avance. Et pourtant, l'été dernier, c'est comme si quelque chose s'était grippé dans cette trajectoire-là.

Alors, pour mieux rebondir, son entreprise lui propose un coaching de type "outplacement", avec un cabinet réputé aussi. Mais à ce programme tracé d'avance encore, Gabriel aime ajouter comme un autre grain sable : il me rencontre et négocie un double accompagnement pour provoquer le sensible et l'imprévu.

Et j'ai eu envie d'interviewer Gabriel parce que l'accompagnement en double ça frotte, ça accroche ! Et puis au fil de nos séances ce n'est pas le retour en entreprise que Gabriel interroge, projette, mais son "job out" : créer un métier inédit dans le secteur de la santé et en duo avec un associé. Et ça non plus ce n'était pas prévu dans le programme initial.

Rencontre singulière.

 

29
AVR 15

Portes Ouvertes de l'accompagnement au naturel

La supervision en duo et en groupe, l'Ecole nouvelle de l'Accompagnement, l'Art du lien en consulting… pour partager, échanger, sans esbroufe ni censure sur l'accompagnement au naturel, qui d'autres mieux que ceux qui l'éprouvent avec nous et le pratiquent avec leurs clients ? Hein, qui d'autres au fond ?

Alors le vendredi 22 mai après-midi, Eva & moi on aime bien inviter tout à la fois ceux et celles qui nous fréquentent – au plus près, au long cours – et puis celles et ceux qui cherchent bien autre chose que tout le surgelé ou les conserves du prêt-à-consommer en coaching.

Rencontres en libres associations alors, questionnements sans tabous, papotages et interprétations sauvages… les portes de l'Atelier seront grandes ouvertes pour découvrir au contact et de l'intérieur nos cursus en duo, savourer un instant l'ambiance, savoir combien ça coûte et comment ça engage au fond, évoquer aussi quelques effets secondaires et désirables…
Et puis prendre dates si affinités mutuelles.

À noter aussi notre création de la rentrée : La compagnie des superviseurssur le mode du compagnonnage et sous le signe de l'entrepreneuriat toujours.

 

19
AVR 15

Le coach & l'argent, liaisons dangereuses ou fructueuses

A chaque visite du grand-père, une enveloppe pleine de billets.
Mais c'était trop pour l'enfant. Alors ça le mettait en colère, toujours. Parce que c'est comme si c'était à la place de l'amour au fond ?

*

Une boule de pétanque lancée sur la belle Mercedes toute neuve ; et le pare brise bien fracassé alors.
- Tu nous rembourseras ! lancent à leur tour les parents à l'enfant.

*

« Du plus loin qu'il m'en souvienne, ma première histoire d'argent c'est quand ? »
C'était il y a un mois à Paris 2, en petits groupes et sur le thème "Le coach et l'argent, liaisons dangereuses ou fructueuses"
Sixième séance de supervision pour le master coaching. Et c'était bien !

05
AVR 15

Dépendance Day

Je ne sais pas trop pourquoi j'ai choisi ce roman-là quand je l'ai choisi. Ça parle de la mémoire qui s'efface, tout doucement ou tout d'un coup. Sans prévenir et par pans entiers alors. Inéluctablement, irréversiblement. Il suffit de "laisser le sablier faire son ouvrage", écrit Caroline Vié, l'auteure, journaliste de cinéma aussi.

Il y a comme un tremblement de l'inconscient, je crois, à l'instant de choisir un livre ; un frémissement qui prend forme dans l'après-coup, au fil des pages. Alors là, c'est peut-être parce que j'ai moi aussi perdu la mémoire. Mais c'était bien avant de vieillir ; la mémoire de mon enfance. Et puis maintenant, je sais de mes voyages en divan que ce n'est pas à jamais, au fond.  

Alors que là, dans Dépendance Day, elle est triste, elle est tragique l'histoire. C'est écrit à l'encre noire, outrenoire. Parce que cette forme-là de l'oubli fait glisser vers la fantaisie d'abord, et puis carrément dans la folie. Et ça semble inscrit dans l'ADN des femmes de cette famille. Lachésis, Clotho et Morta ; ces femmes-là s'appellent comme les Trois Parques. Et il y a aussi Nona, la dernière. Et c'est écrit à l'acide aussi. L'humour comme un antidote, une défense face au désespoir.  

Et sans avoir encore fini ce livre-là, j'en partage ici quelques extraits. Avec aussi une vidéo comme un thriller.
Un livre à aimer lire tout doucement.

 

31
MAR 15

Barbares sur le divan

Colère, luxure, avarice, combat, pulsions Quand, à rebours des écoles maternelles, des académies et des universités du coaching, on a lancé les ateliers "Coacher avec ses démons", même si beaucoup avaient le goût pour ça, Eva & moi on se sentaient bien isolés. Et aussi en avance au fond. Et on a aimé tenir bon et continuer patiemment et sur ce fil subversif et créatif.

Et aujourd'hui ce désir de créer en bouleversant les règles établies, inspire une autre tribu singulière : ‪#‎Les100barbares‬La technologie semble le moteur de cette révolution mais c'est bien plus profond. La santé, les politiques de l'emploi, le dialogue social, l'éducation nationale, les RH, le consulting Les barbares attaquent le vieux monde et tout y passe. Même Emmanuel Macron a invité quelques barbares à dîner pour savoir de quoi il en retournait.

Ce mouvement "veut faire bouger la France" et ne cesse de grossir ; le peuple coach semble ignorer ou regarder tout ça de loin ; ou méditer peut-être toujours. Et ce soir c'est le premier meet up des barbares. Ce sera à guichet fermé et à l'Archipel, une chapelle désacralisée. Et Eva & moi on aime contribuer à notre manière et en duo à cette première. On va passer à barbarconfess, pitcher au cœur d'une alcôve et inviter les barbares qui aiment à découvrir les bienfaits du divan 2.0 ou de velours.

Et là, en primeur notre pitch pour la soirée. Et quelques lignes de plus aussi.