14
DéC 08

Un exemple de proposition ?

« Auriez-vous un exemple de proposition de coaching individuel ? »
C'est la question d'un dirigeant qui a envie d'être accompagné en coaching et qui, en même temps, hésite.
Je réponds d'abord non car que je n'écris plus de proposition et je préfère clarifier en amont le désir de coaching, la demande explicite, cachée, prescrite et aussi la non-demande…
Mon interlocuteur insiste : « Et une proposition-type ? »

Alors je l'invite à rencontrer des confrères, d'autres « types » de coach : coach sportif / psy-coach, mentor / fan d'outils, homme / femme
Nouveau début d'escalade. Je prends conscience que la question est à l'image de notre rencontre : « avoir du concret, des repères, s'appuyer sur des modèles… » alors que je l'invite plutôt à découvrir ses propres repères, développer son modèle personnel de leadership…
Je sors de ma rigidité qui cache ma difficulté de modéliser ma pratique aujourd'hui. Alors je me souviens d'une proposition écrite il y a longtemps ; une proposition pour un manager à la recherche de son modèle…

09
DéC 08

Marcher en forêt

- Autour de Paris, vous avez Rambouillet, Fontainebleau, Compiègne...
- Rambouillet me rappellera ces longues marches avec mes enfants. Mais aussi avec leur père. Mon ex-époux ! C'est prendre le risque de replonger dans mon passé. De cultiver ma nostalgie. Alors que vous m'invitez à vivre au présent !

L'instant d'avant, Ema m'a parlé de son plaisir de marcher seule « dans le silence de la forêt, loin de Paris, mais c'était il y a longtemps ». Alors je l'ai invité à revivre cette expérience au présent, d'ici notre prochaine séance. Mais ma proposition tombe à plat !
- Ema, vous savez, vous aimez vivre avec votre passé. Vous avez quitté votre mari depuis plusieurs années et il est présent partout avec vous.
- Oui, alors Fontainebleau ou Compiègne ce sera pareil !
- Comment est-il présent ici aussi ?
- Non, il n'est pas vraiment là ! Philippe est juste une évocation, une image qui s'éloigne maintenant.
- Quelle est votre sensation quand vous évoquez son image qui s'éloigne ?
Long silence. Ema me regarde dans les yeux. C'est la première fois. J'ignore la couleur de ses yeux. Elle détourne son regard.

03
DéC 08

Aller dans le monde de l'entreprise

Faire le choix du coaching d'entreprise, c'est se confronter au monde des procédures d'achat, appels d'offre, jury de référencement, négociation…
Des exigences qui n'empêchent pas de cultiver, avec patience, singularité, co-création et de prendre soin de chaque relation…

 

30
NOV 08

Yalom, d'autres histoires de psychothérapie

« Où sont vos pensées, Myrna ?
- Je pense que je suis piégée. Je pense à partir en Alaska où la proportion entre le nombre d'hommes et de femmes est plus favorable. Ou à faire une école de commerce - la proportion est bonne, là aussi.
- Restez ici dans la pièce avec moi, Myrna. Qu'est-ce que ça vous fait d'être là, aujourd'hui ?
- Qu'est-ce que vous voulez dire ?
- La même chose que d'habitude. Essayez de parler de ce qui se passe ici, entre nous.
- C'est frustrant ! Encore cent cinquante dollars d'envolés et je ne me sens pas mieux.
- J'ai donc à nouveau échoué aujourd'hui. Je vous ai pris votre argent sans vous aider. Dites-moi un peu, Myrna ; voyons si, en revenant sur cette heure que nous venons de passer, vous pourriez répondre à cette question : Qu'aurais-je pu faire aujourd'hui ?
- Comment le saurai-je ? C'est pour ça qu'on vous paye, non ? Et de jolies sommes !
- Je sais que vous ne le savez pas, Myrna, mais je veux que vous plongiez dans votre imagination. En quoi aurais-je pu vous aider aujourd'hui ?
- Vous auriez pu me présenter à un de vos patients riche et célibataire.
- Est-ce qu'il y a marqué "Agence matrimoniale" sur mon T-shirt ? »

 

C'est par ce dialogue que commence Double exposition, l'un des six contes de psychothérapie du livre d'Irvin Yalom publié cet été chez Galaade Editions : La malédiction du chat hongrois.

Après un acte manqué du docteur Yalom, alias Ernest Lash, Myrna le mettra à la torture. Elle lui fera vivre « son pire cauchemar de thérapeute », le poussera aux limites de sa pratique en jouant avec son contre-transfert, en allant pleinement dans l'ici et maintenant…

24
NOV 08

De la complicité avec soi

Il arrive à l'heure d'habitude et aujourd'hui, il sonne avec dix minutes de retard. J'ouvre la porte et je vois qu'il a couru. Il a le souffle court. Sa chemise blanche est froissée sous son costume bleu marine impeccable.
Son bureau est à quelques stations de métro et il préfère venir à pied. Il m'annonce : « Je crois que j'ai battu mon record aujourd'hui ! ».

Il m'explique qu'il n'a pas réussi à maîtriser sa réunion, juste avant…
Je l'entends sans vraiment écouter et l'invite à prendre le temps d'arriver. Des gouttes de sueur perlent sur son front jusqu'aux sourcils. Il tente de s'essuyer avec ses doigts, ses mains. Je lui tends la boite de kleenex. Il retire sa veste, se pose enfin. Regards. Long silence après l'agitation.

Charles est directeur du contrôle de gestion dans une entreprise leader dans les télécoms. Régulièrement sollicité par des chasseurs de tête, il change d'entreprise tous les deux ou trois ans. Il pratique aussi des sports de l'extrême. Comme s'il courrait après lui-même ?
Mais aujourd'hui, devant une nouvelle offre séduisante, il hésite : « Pourquoi partir encore ? Pourquoi cette boulimie du changement ? »
C'est sa demande pour ce coaching. Comment l'accompagner dans ce questionnement ? Est-ce vraiment le champ du coaching ?

16
NOV 08

Rencontre avec Emilie Devienne

Elle écrit des livres sur la femme, sur l'argent ou sur la confiance en soi… Elle accompagne des auteurs en devenir, anime des ateliers d'écriture. Elle dirige la publication d'ouvrages collectifs avec des coachs, des thérapeutes…
C'est avec beaucoup de plaisir que j'accueille Emilie Devienne pour cette nouvelle rubrique : Rencontre
singulière avec une personne singulière.

La première d'un jeu à deux claviers où les questions et les réponses émergent au fil des résonances.

09
NOV 08

Coincés

Je marche en forêt, loin du bruit du monde. L'esprit libre. Presque libre. Une partie de moi s'éveille et s'agite en sourdine. Le week end se termine et je pense soudain à mon premier rendez-vous demain matin : une supervision avec Agathe. Pour la première fois, depuis longtemps, l'appréhension monte quelques heures avant une séance. Mais pourquoi cette inquiétude ?

Agathe s'est installée en indépendante depuis deux ans. La jeune femme m'a sollicité pour « enrichir ses pratiques et affirmer son identité de coach. »

La séance d'avant, il y a un mois, Agathe n'avait pas de demande. Alors, j'ai travaillé avec ce qui était là, sous notre nez : notre relation.
Derrière sa peur de l'imposture, Agathe a besoin de reconnaissance. Un besoin qui semble insatiable et que j'ai confronté : « Comment recevoir des autres ce que vous-même ne vous donnez pas ? ». Nous avons tourné en rond, longtemps. Nous avons cherché « l'air de famille » avec une autre histoire peut-être familière, ailleurs et autrefois. Le besoin du regard du père...
Mon inquiétude fait maintenant place à un malaise : Quel a été l'effet de cette séance pour Agathe ? Qu'apportera-t-elle demain ? Comme si j'avais pris son symptôme : la peur d'être disqualifié, le besoin d'être reconnu !
Je me souviens soudain du cas qu'elle avait apporté la première fois : un client qui la faisait « tourner en bourrique », tantôt disqualifiant, tantôt dans une belle énergie de création avec elle. Nous avions pointé ici une relation parfois « sadomaso ». Et aussi ses résonances, son plaisir jusqu'alors informulé, dans l'une ou l'autre position.
C'est peut-être ce jeu qui s'installe maintenant entre nous. Je me souviens aussi de séances annulées à la dernière minute. Agathe m'a alors appris à facturer toute séance annulée !
Je décide de laisser ici cette Agathe imaginaire ; mes projections et mon ego nourrissent une mémoire ancienne : le jeu de la compétition, les rapports de domination.

01
NOV 08

Coaching & Dépendances : Acte 3

Voici la dernière vidéo sur le thème Coaching & Dépendances : quand le coach est touché, remué, chamboulé après une séance…
Que faire alors ?!

24
OCT 08

Journée d'étude SFCoach

Nouveau clin d'œil de la vie : la Société Française de Coaching m'invite à contribuer à sa journée d'étude le 7 novembre prochain : « Coaching : méthodes, techniques, outils ».
J'aurai le plaisir d'animer un atelier sur un thème passion :
« L'outil du coach, c'est le coach... Comment et jusqu'où ? »


Les ateliers et les intervenants :

• Le mécanisme du changement comportemental au cours d'un coaching : Eric ALBERT

Métaphore et coaching : Jean-Marc BAILLEUX
Ecoute et recadrages : Gérald de BOURMONT
La Connaissance Emergeante de David Grove et son application dans le monde du coaching : Lynne BURNEY
Le coach et l'argent : Emilie DEVIENNE
L'outil du coach, c'est le coach... Comment et jusqu'où ? André de CHATEAUVIEUX
• Complémentarité du coaching interne et du coaching externe : Agnès JOUSSELLIN
L'outil principal du coach ; sa personnalité : Marie-José LACROIX
La supervision systémique : Jacques-Antoine MALAREWICZ
Comment un groupe peut-il mettre en oeuvre des solutions durables : Serge PEGOFF.

Le programme détaillé…

19
OCT 08

Brutal ? Part 2

Vous avez peut-être déjà lu le récit de la première séance avec Nicolas : ce pro de la conduite de grands projets que sa direction jugeait « trop brutal dans ses méthodes, trop violent dans ses relations ».
Nicolas voulait apprendre avec moi à « arrondir les angles ». Mais j'ai eu peur de lui la première fois : il me faisait penser à un ours et je me sentais bien petit devant lui !
C'est au détour d'une question, quand j'ai craqué, que j'ai aussi découvert sa fragilité.

Le coaching s'est poursuivi entre rebondissement, complicité et confrontation.
Voici la suite de l'histoire.

12
OCT 08

Prison break

Une première, pour moi, jeudi prochain : animer une table ronde pour le Salon des micro-entreprises, avec Avivah WITTENBERG-COX, Antoine AOUN et Luc TEYSSIER D'ORFEUIL.

45 minutes pour débattre entre confrères et dialoguer avec un public de coachs, entrepreneurs, expérimentés ou en démarrage.
J'ai longtemps tourné en rond, impressionné par le casting, tiraillé entre le plaisir d'être invité et l'appréhension, le besoin de préparer et mon inexpérience. Préparer oui, mais comment ?!


Et puis, une cliente m'a sollicité sur le même problème désir. Spécialiste de la com, elle a décidé d'investir un stand sur ce salon. Mais, bloquée par ses craintes, elle
procrastinait, imaginait le pire, s'enfermait aussi dans son labyrinthe… Je l'ai accompagnée, amusé par la synchronicité, les résonances…

Nos clients nous aident à nous évader de nos prisons : quelques jours après la séance, trois questions me sont venues, naturellement. Trois questions pour ouvrir le débat et que j'ai partagées avec chaque confrère, tout simplement !
Voici ces questions clés en primeur. Elles vous parleront peut-être aussi ?

02
OCT 08

Coaching & Dépendances : Acte 2

En coaching, le nombre de séance est par nature limité ; mais cela n'empêche pas nos clients d'être "accro" parfois : (re)voir l'Acte 1.
Et qu'en est-il du coach ? Accro aussi à "son" coaché ? Dépendant du plaisir de grandir avec chaque client ?
C'est l'acte 2 de cette trilogie, toujours sans détours ni tabous !


27
SEP 08

Un magnéto en séance ?

Pour parler de notre métier, j'aime écrire sur des instants de coaching, plonger au cœur de séances réelles (Dans l'intimité du coaching).
Et parfois on me demande si
, pour retrouver la trace de l'instant, j'ai un magnéto ?!
Enregistrer la
séance n'est pas utile, si nous nous laissons "impressionner", si nous sommes notre propre instrument, sensible à ce qui vibre, résonne et surgit dans l'instant.
Et, les histoires que je raconte sont celles qui me touchent, me chahutent et laissent des traces longtemps après. Ecrire m'aide alors à me détacher, être plus disponible pour d'autres histoires de vie !

C'est sur ce mode de l'intimité, pour « révéler ce qui se passe vraiment dans le cabinet d'un thérapeute », que Psychologies Magazine inaugure une nouvelle rubrique dans son numéro d'octobre : « La première séance ».
Pour cela, pendant le tête-à-tête avec sa patiente, le psy laisse tourner le magnéto.
Première patiente : Evelyne ou « Comment accepter d'être heureuse quand on a eu des parents qui ne l'étaient pas ? »