31
MAR 23

La vie en zigzag

Je ne sais pas trop si vous vous êtes déjà allongé sur un divan ? Pour parler de ce qui vous taraude ? Ou de ce qui déraille souvent, ici et là, dans vos amours ou au boulot ? Pour craquer le code de vos rêves aussi, si vous aimez rêver peut-être ?
Et ainsi entrevoir votre manière toute particulière d'être dans votre vie, d'être en vie. Et alors « arrêter d'emmerder les autres » ; c'est Fabrice Luchini qui dit ainsi les effets du divan pour lui.
Et si c'est ça, alors à un moment donné, vous vous êtes sans doute laissé aller en associations libres. Enfin plus ou moins, parce que ce n'est vraiment pas facile, je trouve, cette manière de parler, de se dire soi-même. Ce n'est pas habituel en tout cas.
Et c'est pour ça que les gens veulent préparer, s'accrocher à un fil de pensée par peur de le perdre, censurer tout le bizarre ou les fantaisies personnelles qui surgissent, etc. C'est toute une mécanique de défenses inconscientes qui se fait jour ici et qui fait aussi partie de notre névrose.

Mais, au bout d'un moment, ça ne tient plus. Oui, ça commence à craquer, en séance et tout autour. On finit par lâcher des crapauds, des âneries, faire des faux mouvements... Tout ça est en lien du côté de l'inconscient. Les associations ne sont pas si libres au fond. Et c'est ça aussi notre vraie nature.
Bref. Cette manière de parler sans trop préméditer ni contrôler, ça peut imprégner, par #ricochet, plein d'autres domaines de la vie de tous les jours et de la nuit. Au-delà de la parole je veux dire. Dans la rue, au potager, à table, sous la couette, etc.
Oui, par exemple, aller d'un point à un autre, encore inconnu mais sans Google Maps ni GPS. Le nez au vent donc. Avec alors tout l'intérêt de se perdre, d'arriver en retard ou même jamais.

Au jardin, tondre le gazon pas du tout en ligne droite et laisser une touffe, un coin sauvage tout au milieu. Pareil au potager : planter des patates sans forcément creuser des sillons.

À un autre moment, savourer dans le désordre toutes sortes de trucs différents, en mode tapas ou mezze je veux dire.

La nuit, aimer se rendormir après un rêve, sans médoc ou une appli genre Petit Bambou ou Relax Melodies.

Et puis surtout faire l'amour comme ça aussi. Sans censure ni itinéraire préféré. Tout en associations libres donc...

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La photo, là, c'est un poème d'André Breton : « La poésie se fait dans un lit comme l'amour. Ses draps défaits sont l'aurore des choses. » Parce que j'aime bien les surréalistes, ils fricotaient aussi avec l'inconscient, à leur manière, avec l'écriture automatique...